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Confiance Donnée vs Confiance Méritée

La confiance ne concerne pas l’autre personne.

Elle consiste à avoir confiance en la façon dont toi, tu vas gérer quoi qu’il arrive, même si l’autre te déçoit.

Ça me fait réfléchir…


Pourquoi traitons‑nous la confiance comme un vase fragile, quelque chose à gagner, à protéger, à ne jamais laisser tomber? Nous la tendons avec prudence, attendant que quelqu’un prouve qu’il la mérite, comme si la confiance était un prix à remporter. Et si nous avions tout faux? Et si la confiance ne concernait pas l’autre, mais soi? Il s’agit de faire confiance à la façon dont tu géreras quoi qu’il arrive, même si l’autre te déçoit. C’est comme marcher sur un fil, non pas parce que tu es sûr que le filet te rattrapera, mais parce que tu te fais confiance pour te relever s’il ne le fait pas.

Prends ma cliente, Renée. Elle est venue me voir après une rupture, dévastée et en colère. « Je lui faisais confiance, dit‑elle, et il m’a complètement trahie. Comment suis‑je censée faire confiance à quelqu’un à nouveau? » La douleur de Renée était réelle, mais sa question n’était pas la bonne. Le problème n’était pas de savoir si elle pouvait faire confiance à quelqu’un d’autre, mais si elle pouvait se faire confiance à elle‑même. Pouvait‑elle se faire confiance pour survivre au chagrin? Pour poser des limites? Pour partir quand quelqu’un ne la traitait pas comme elle le mérite? Faire confiance aux autres commence par se faire confiance.

La science confirme cela. Les recherches sur la confiance montrent qu’elle est étroitement liée à notre sentiment d’auto‑efficacité: la croyance que nous pouvons affronter les défis et rebondir après les revers. Quand nous nous faisons confiance, nous sommes plus enclins à prendre des risques, à créer des liens et à pardonner les erreurs. Mais quand nous ne le faisons pas, nous nous agrippons au contrôle, testant sans cesse les autres pour qu’ils prouvent qu’ils ne nous blesseront pas. Et voilà le piège: plus nous exigeons que les autres « gagnent » notre confiance, plus nous risquons de la saboter. C’est comme construire un mur pour se protéger, pour réaliser ensuite qu’on s’est enfermé à l’intérieur.

L’ex de Renée n’était pas le problème, c’était sa peur. Elle était tellement concentrée à s’assurer que plus personne ne la blesserait qu’elle en oubliait l’essentiel de la confiance: ce ne sont pas des garanties. C’est de la résilience. C’est savoir que même si quelqu’un brise ta confiance, tu t’en sortiras. Et c’est peut‑être ça, le secret pour offrir sa confiance librement: ce n’est pas être naïf, c’est être courageux.

Pense‑y. Quand on dit que quelqu’un doit « gagner » notre confiance, ce qu’on dit vraiment c’est: « Je ne me fais pas assez confiance pour gérer la situation si tu me blesses. » On met sur l’autre le fardeau de prouver qu’il est sûr, mais la vérité, c’est que personne ne peut le garantir. Les gens sont chaotiques, imprévisibles, imparfaits. Ils feront des erreurs. Ils te décevront. Ils te laisseront tomber. Mais si tu te fais confiance, ta force, tes limites, ta capacité à guérir, leurs actes perdent de leur pouvoir sur toi. La confiance devient moins une affaire d’eux, et davantage une affaire de toi.

C’est comme prêter ton livre préféré. Tu ne peux pas contrôler s’il te sera rendu en parfait état, mais tu peux décider comment tu te sentiras s’il ne l’est pas. Peut‑être que tu seras fâché. Peut‑être que tu ne lui prêteras plus de livre. Mais tu survivras. Voilà le véritable cadeau de la confiance: il ne s’agit pas d’éviter la douleur, mais de savoir que tu peux la traverser.

Avec Renée, nous avons travaillé à changer de perspective. Au lieu de demander « Puis‑je lui faire confiance? », elle a commencé à demander « Puis‑je me faire confiance? » Elle s’est entraînée à poser des limites, à parler quand quelque chose clochait, et à partir quand quelqu’un ne la respectait pas. Petit à petit, elle a cessé de voir la confiance comme un vase fragile pour la voir comme un muscle, quelque chose qu’on renforce avec la pratique. Et à mesure que sa confiance en elle grandissait, sa capacité à faire confiance aux autres grandissait aussi. Non pas parce qu’ils étaient parfaits, mais parce qu’elle n’avait plus besoin qu’ils le soient.

Parce qu’au fond, la confiance ne concerne pas des garanties. Elle concerne le courage. C’est dire: « Je sais que tu pourrais me blesser, mais j’ai suffisamment confiance en moi pour prendre ce risque. » C’est offrir sa confiance librement, non pas parce que quelqu’un l’a gagnée, mais parce que toi, tu t’es gagnée toi‑même.

C’est comme apprendre à faire du vélo. Tu n’attends pas que la route te prouve qu’elle est sûre ou que la météo garantisse qu’il ne pleuvra pas. Tu montes en selle, sachant que tu pourrais tomber, mais en te faisant confiance pour te relever. C’est ça, la confiance: non pas une promesse, mais un saut de foi.

 
 
 

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