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L’étincelle qui Allume le Feu Peut Aussi Brûler le Pont

Dernière mise à jour : 11 sept. 2025

Parfois, ce qui nous attire le plus chez quelqu’un devient précisément ce que nous aimons le moins avec le temps.

Ça me fait réfléchir…


Pourquoi les mêmes choses qui nous font tomber amoureux sont-elles souvent celles qui nous en détournent ensuite? Ironie cruelle… Le charme, les petites manies, ces traits qui nous semblaient magnétiques finissent par grincer comme du papier de verre. C’est comme acheter un pull magnifique parce qu’il est doux et moelleux, pour découvrir plus tard qu’il gratte et qu’il est impossible à porter plus de cinq minutes. Et c’est peut-être ça, la douce-amère vérité de l’amour: ce qui nous attire peut aussi nous repousser.

Prenez ma cliente, Rochelle. Au début, elle était captivée par la spontanéité de son mari. « Il était tellement aventureux, dit-elle en souriant. Il m’emmenait en escapades de dernière minute, me surprenait avec des fleurs, me tenait toujours en haleine. » Dix ans plus tard, cette même spontanéité était devenue source de frustration. « Il est imprévisible, » soupire-t-elle. « Je ne peux pas compter sur lui. Il ne planifie jamais. » Le trait qui paraissait exaltant est devenu épuisant. Rochelle ne se détachait pas seulement de son mari, mais de la version de « lui » qu’elle s’était imaginée.

C’est comme aimer l’océan pour sa beauté et en vouloir à ses vagues. Ce qui le rend magique est aussi ce qui le rend chaotique. Peut-être que l’amour est compliqué pour cela: il ne s’agit pas de trouver quelqu’un de parfait, mais d’apprendre à vivre avec les imperfections liées à ce qu’on aime le plus.

Il y a aussi Ken, venu en consultation après une rupture. « Je suis tombé amoureux de sa confiance, dit-il. Elle était indépendante, sûre d’elle. Inspirante. » Mais au fil du temps, cette même confiance a fini par lui sembler distante. « Elle n’avait pas besoin de moi, dit-il. J’avais l’impression d’être juste… là. Comme si je ne comptais pas. » Ce que Ken n’avait pas réalisé, c’est que sa partenaire n’avait pas changé; c’est son regard qui avait basculé. L’indépendance qu’il admirait est devenue une menace pour son besoin de connexion.

La science de l’attraction éclaire bien cela. Des études montrent que nous sommes souvent attirés par des traits qui complètent les nôtres. Si vous êtes réservé, vous pouvez être attiré par quelqu’un d’extraverti. Si vous êtes planificateur, vous pouvez tomber pour quelqu’un de spontané. Mais avec le temps, ces différences peuvent créer des frictions. Ce qui semblait équilibrer devient opposition. Ce n’est pas la personne qui change, c’est la lentille à travers laquelle vous la voyez.

Alors, comment naviguer? Comment ne pas se détourner de ce qui nous a d’abord séduits? Ça commence par l’acceptation. Personne n’est parfait, et aucun trait n’existe en vase clos. La spontanéité qui rend quelqu’un excitant peut aussi le rendre peu fiable. La confiance qui inspire peut aussi paraître distante. Aimer, ce n’est pas trouver quelqu’un qui ne nous frustre jamais, c’est choisir quelqu’un dont on peut accepter les défauts.

Une de mes clientes, Martha, était tombée amoureuse de l’humour de son partenaire, avant de s’agacer de son incapacité à prendre quoi que ce soit au sérieux. « J’adorais qu’il me fasse rire, dit-elle. Mais maintenant, j’aimerais qu’il soit plus mûr. » En travaillant ensemble, Martha a compris que sa frustration parlait surtout de ses besoins changeants. Elle aimait toujours son humour, mais avait besoin qu’il se montre autrement par moments. Une fois qu’elle l’a exprimé, leur relation a évolué. « J’ai cessé d’attendre qu’il soit tout, dit-elle. Et ça m’a aidée à l’aimer pour qui il est. »

Ce que vous aimiez n’a pas disparu; c’est devenu familier. Et le secret d’un amour durable est peut-être là. Il ne s’agit pas d’éviter ce qui vous irrite, mais de vous souvenir de ce qui vous a touché. Au fond, l’amour n’est pas une question de perfection, mais de perspective. Et parfois, retomber amoureux ne demande qu’un léger déplacement du regard sur la personne devant vous.

 
 
 

2 commentaires


ac ab
ac ab
26 nov. 2025

L'observation sur la spontanéité de Rochelle, qui passe de l'exaltation à l'épuisement, est particulièrement frappante. Cela résonne profondément ; souvent, ce n'est pas le trait en soi qui change, mais notre interprétation ou nos attentes face à celui-ci, surtout quand nos propres besoins relationnels évoluent. Comprendre ces dynamiques est crucial, mais comment faire pour mieux décrypter ce qui nous nourrit vraiment dans une relation, et ce qui peut irriter l'autre, au-delà de la simple perception d'un trait de caractère ? Je trouve que prendre le temps de découvrir son langage de l'amour et celui de son partenaire peut offrir des clés précieuses pour transformer ces frustrations en une compréhension mutuelle plus profonde.

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CoCo Mindful
03 déc. 2025
En réponse à

Merci pour ce regard si juste! Et la référence du livre les 5 langages de l'amour. Souvent, ce n’est pas “lui/elle” qui change, c’est notre contexte et nos besoins qui évoluent. Le même trait peut être perçu comme charme ou charge selon notre état (repos vs fatigue), notre rôle du moment (amoureuse vs co‑gestionnaire de vie), et la dose (un peu = magie, trop = friction).

La clé n’est pas de renier le trait, mais de l’ajuster: passer du “tout‑spontané” au “spontané avec repères.”

En pratique: nommer clairement ce qui doit être prévisible (plannings, finances, horaires) pour que l’imprévu redevienne un plaisir, pas une menace. On garde le pull, on change la doublure.

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