Voici Déni et Distraction : le Power Couple du Pouvoir qui Sabote Discrètement ta Vie
Dernière mise à jour : il y a 15 heures
Ils finissent les phrases l'un de l'autre, ne se disputent jamais, et gèrent ton horaire depuis des années.
Ça me fait réfléchir…

Mardi dernier, une cliente est entrée dans mon bureau et m'a annoncé qu'elle était en pleine forme. Elle l'a dit avec l'assurance tranquille d'une femme qui vient de payer 14 $ pour un jus vert. Elle s'entraînait pour un semi-marathon, rénovait sa cuisine, apprenait l'italien sur une application avec un hibou passif-agressif et classait son agenda Google par couleurs. Son compagnon, avec qui elle était depuis trois ans, "n'était toujours pas prêt" à parler d'avenir. "Mais je n'y pense même pas", m'a-t-elle dit. Évidemment que tu n'y penses pas. Tu es bien trop occupée.
On imagine le déni comme quelque chose de spectaculaire, comme une femme en lunettes de soleil à des funérailles qui insiste sur le fait que c'est un brunch. Le vrai déni est beaucoup plus chic. Il ressemble à de la productivité. Il ressemble à une métamorphose. Il ressemble à une vie bien remplie, avec une seule pièce très vide où tu ne mets jamais les pieds.
Voici la vérité qui dérange : le déni est souvent à la source de bien des tourments, et la distraction est son assistante personnelle. Comme toute bonne assistante, elle a une seule réponse à chaque invitation qui nous ferait ressentir quelque chose : "Désolée, elle est occupée." Le déni dit que ça n'arrive pas. La distraction s'assure que tu n'aies jamais une minute de tranquillité pour découvrir que, si, ça arrive. C'est comme entendre un drôle de bruit dans ta voiture et monter le volume de la radio. Le bruit ne disparaît pas. Tu deviens simplement très douée pour ne pas l'entendre…
Maya, ma coureuse de marathon, vit ses relations avec beaucoup d'anxiété. Quelque part au fond d'elle, son système nerveux sait peut-être déjà que cette relation est terminée. Mais le savoir pour de bon, ce serait ressentir l'abandon qu'elle redoute depuis l'âge de sept ans. Alors elle court. Littéralement, à 6 h du matin, dans son petit ensemble de sport assorti. Daniel jure qu'il va "tout à fait bien" alors que sa mère l'appelle chaque jour pour lui énumérer tout ce qu'il fait de travers. Il a lancé quatre entreprises cette année. Demande-lui comment il va, il te répondra "Occupé!" comme s'il s'agissait d'un trait de personnalité. Chaque fois qu'il pense à poser une limite, la culpabilité lui serre la poitrine comme une huître pas très fraîche, alors il prépare une autre présentation pour des investisseurs. Apparemment, il est plus facile de créer une entreprise que de dire : "Maman, je t'appellerai les dimanches."
Et Elena continue de fréquenter des hommes émotionnellement indisponibles "par pur hasard". Trois à la suite. Tous charmants, tous vagues, tous "en train de traverser beaucoup de choses". Ce n'est peut-être pas juste de la malchance. Elle semble rejouer un scénario familier, comme si une vieille blessure se répétait dans l'espoir que, cette fois, la fin soit différente. C'est le même film avec un nouvel acteur principal et une coupe de cheveux légèrement meilleure.
Rien de tout cela ne les rend faibles. Le déni est une protection. Ton système nerveux est un garde du corps loyal et un peu dramatique. Quand une vérité menace de te submerger de chagrin, de rejet ou de la fin d'une identité que tu as eu beaucoup de mal à construire, ton corps préfère s'engourdir plutôt que de se noyer. La distraction est notre façon de nous réguler à petit budget. Faire défiler nos écrans, trop travailler, trop planifier et trop donner nous procurent chacun un peu de dopamine, et nous coûtent chacun un petit morceau de notre vie.
Voici maintenant la partie pour laquelle tu voudras peut-être t'asseoir. Si tu ne passes pas à l'action, ce n'est pas parce que tu ne sais pas quoi faire. C'est parce que cela rendrait la chose réelle. Partir, ça rend la chose réelle. La conversation difficile, ça la rend réelle. La limite, ça la rend réelle. Tant que tu restes occupée, tout reste hypothétique. Et l'hypothétique est rassurant, jusqu'au jour où il devient discrètement toute ta personnalité. La détresse n'est pas toujours une crise. Parfois, c'est un bourdonnement sourd. C'est le blues du dimanche soir qui arrive un mercredi. C'est être fatiguée d'une façon que le sommeil ne règle pas. C'est la dispute à propos du lave-vaisselle qui n'a jamais vraiment porté sur le lave-vaisselle. Ce qu'on refuse de voir ne disparaît pas.
Cela finit souvent par se faire sentir dans le corps (mâchoire crispée, ventre noué) ou par revenir en boucle dans ta tête à 2 h du matin. Alors non, je ne te suggère pas d'envoyer un message de rupture ni de créer un tableau de visualisation. Commence plus petit, et avec plus de courage.
Remarque la seconde exacte où tu éprouves le besoin urgent de réorganiser le placard de la cuisine. Cette envie n'est peut-être pas un hasard. Parfois, la distraction nous éloigne justement de ce que nous essayons d'éviter.
Peut-être que la chose la plus radicale que tu puisses faire cette semaine, ce n'est pas d'en faire plus. C'est peut-être de t'arrêter cinq minutes, de poser ton téléphone et de prendre le temps d'écouter ce que tu ressens vraiment.
Au fond, tu le sais peut-être déjà. Tu as juste été vraiment, vraiment occupée…
Coco x



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